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Femmes et MBA: équation entre carrière et vie de famille


Si le nombre de femmes dans les formations MBA (Master of Business Administration) est en nette progression, les hommes restent largement majoritaires. Il en va de même au niveau des postes clés encore faiblement occupés par la gent féminine. Souvent freinées par leurs obligations familiales, les femmes peinent à se lancer dans cette formation exigeante mais pourtant synonyme d’accélérateur de carrière. Eclairages et explications de dipômées et de spécialistes.

«Si j’avais eu des enfants, je n’aurais pas entrepris de MBA. Cette formation entraîne une charge de travail conséquente, peu compatible avec la vie de famille, même s’il y a des contre-exemples», estime Rosalie Christinat, cadre dans une société américaine. La difficile équation entre vie de famille et carrière professionnelle pèse encore lourd sur les ambitions professionnelles des femmes. «L’homme mène sa carrière de manière relativement indépendante, alors que la femme doit se demander si la vie privée est plus importante que la vie professionnelle», note Steeves Emmenegger, fondateur d’Emmenegger compétences conseils à Genève.

Les compétences priment

L’éternel conflit entre carrière et famille a la vie dure. Mais les professionnels interrogés s’accordent à dire que l’explication de cette inégalité n’est pas à trouver dans un raccourci de type discrimination homme-femme. «A expérience égale et diplôme similaire, une femme a tout autant de chance qu’un collègue masculin», indique Fabrice Dago, consultant chez Denzler & Partners. Accélérateur de carrière, le MBA peut alors s’avérer fort utile pour décrocher un poste à responsabilité pour les femmes qui souhaitent occuper une fonction dirigeante. Selon Angelo Vicario, directeur de Vicario Consulting SA à Lausanne, le MBA d’une femme est autant valorisé que celui d’un homme. «Aujourd’hui, la préoccupation des employeurs n’est plus liée au sexe, mais aux compétences. L’intérêt à attirer davantage de femmes dans les postes élevés est plus grand. Ce n’est pas par philanthropie, mais plutôt parce qu’il devient de plus en plus difficile de dénicher la bonne personne», explique avec réalisme le professionnel.

Vers le changement

Pour retourner la situation à leur avantage, les femmes au bénéfice d’un MBA font de leur rareté un atout. Titulaire d’un MBA de l’ESM, Ecole de management et de communication de Genève, Ariane Labévière souhaite montrer par son exemple que mener de front le trio vie de famille, carrière professionnelle et formation MBA est réalisable. «Ce n’est pas évident, mais c’est gérable. Les femmes doivent oser entreprendre une telle formation», insiste-t-elle. «Le fait d’être encore peu nombreuses à détenir un MBA nous valorise», ajoute Francesca Fais, manager chez Sunrise. Un constat prometteur pour l’avenir des carrières au féminin.