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Le chasseur de tête de taille boutique


DENZLER. Le cabinet de recrutement basé à Nyon se distingue des leaders américains du secteur. Entretien avec son directeur général Jack Salom.

Le cabinet de recrutement Denzler est spécialisé en Suisse depuis 30 ans sur les senior executives pour les multinationales, les petites et moyennes entreprises, les banques, les ONG, les cantons et la Confédération. Jack Salom dirige la seule entité Denzler qui se trouve à Nyon et qui emploie six personnes dont trois consultants. Malgré sa taille boutique, la société suisse entre en compétition avec les cinq géants du recrutement (Egon Zehner, Korn Ferry, Spencer Stuart, Heidrick Struggles et Russel Reynolds) sur ce segment de candidats appartenant au niveau hiérarchique le plus élevé. Jack Salom expose à L’Agefi sa vision du marché du recrutement haut niveau, les tendances parmi sa clientèle et sa stratégie de développement futur. En l’espace de dix ans, Denzler a placé 200 mandats pour une cinquantaine de clients en Suisse dans un positionnement haut de gamme. Sa part de marché a augmenté grâce aux besoins à l’international de ses clients d’origine suisse ou étrangère et implantés sur l’arc lémanique. Les entreprises du portefeuille de clients de Denzler, 75% reviennent régulièrement en lui confiant de nouveaux mandats.

Quelle est la répartition de vos clients par secteur d’activités et quelle est son évolution?

Il y a encore trois ans, notre chiffre d’affaires était également réparti entre les banques et les multinationales. Aujourd’hui, le secteur bancaire diminue fortement pour ne représenter que 10% de nos mandats. Cette baisse est largement compensée par la montée en puissance des recrutements pour les Cantons et la Confédération. En ce qui concerne les ONG (une centaine à Genève), nos missions sont stables en termes quantitatif et qualitatif. Notre chiffre d’affaires a suivi de près l’évolution des besoins de nos clients historiquement implantés en Suisse, qu’ils soient d’origine suisse ou étrangère. Il y a dix ans, les mandats de Denzler étaient exclusivement axés sur des fonctions basées en Suisse. Aujourd’hui, nous sommes à la recherche de senior executives pour les filiales étrangères.

Comment Denzler avec sa taille boutique et trois consultants peut-il rivaliser avec les cinq géants du secteur américains: Egon Zehner, Korn Ferry, SpencerStuart, Heidrick Struggles et Russel Reynolds, dont les réseaux sont mondiaux?

Un cabinet comme le nôtre avec une seule entité dans le monde basée à Nyon depuis plus de trente ans n’a pas le droit à l’erreur. Nous nous sentons responsables et sommes forcés de réussir à tous les coups: il en va de notre survie. Notre savoir-faire et notre expertise se sont tissés tout au long de ces trois décennies et nous capitalisons sur nos clients durement acquis «au mérite». Nous grandissons avec leurs besoins l’international, mais nous souhaitons rester sur notre niche de clientèle implantée de longue date sur le territoire suisse. Les big5 que vous citez sont présents dans le monde entier et fonctionnent en réseau avec parfois des centaines de consultants. Même si les recrutements de senior executives deviennent mondialisés, Denzler par sa capacité et vitesse de réaction, sa connaissance intime de son client, conserve son avantage concurrentiel auprès des multinationales suisses pour leurs besoins en Russie, Afrique, Amériques, Asie et bien sur l’Europe. Par ailleurs, les cantons et la Confédération, privilégient une«solution suisse» comme Denzler, pour satisfaire leurs besoins de recrutement dans le pays!

Avec les récents changements dans les conditions-cadres(réforme de la fiscalité, fin du secret bancaire, vote contre l’immigration…), la Suisse conserve t-elle ses atouts d’attractivité pour les multinationales?

La qualité de vie et la nature riche, sont parmi les derniers atouts qui restent aujourd’hui à la Suisse, je pense! Au niveau des infrastructures autoroutières et télécoms par exemple, le pays a clairement pris du retard par rapport aux grands pays industrialisés et surtout au groupe des pays riches desquels il fait partie. L’autoroute entre Genève et Lausanne aujourd’hui clairement saturée, date d’un demi-siècle et n’est pas du tout adaptée aux besoins actuels de l’arc lémanique et ses ambitions. Quant aux fournisseurs de télécoms, leurs offres de services et de produits n’ont ni l’attractivité ni la performance de celles d’un pays riche. La Suisse ne constitue plus vraiment - comme ce fut le cas jusqu’à récemment -un pôle d’attraction pour les multinationales et les sociétés étrangères. Cette situation s’est d’ailleurs encore détériorée en l’espace d’un à deux ans. Le flux continu d’implantation des multinationales semble s’être arrêté. Même si les départs massifs ne sont pas si fréquents et restent discrets, les arrivées me paraissent désormais négligeables, en termes de création d’emplois. La période d’implantation de quartiers généraux est révolue.