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D'intermédiaire à conseiller particulier, le chasseur change de tête


S'il est un métier qui connaît aujourd'hui de profonds bouleversements, c'est bien celui de chasseur de têtes. La domination croissante d'Internet et la marche inéluctable de la mondialisation changent considérablement la donne pour les spécialistes du recrutement de managers. "Cette réalité transparaît déjà au niveau sémantique. Chasseur de têtes est un terme de plus en plus désuet et qui correspond de moins en moins à la réalité", lance Eric Denzler, fondateur et directeur de Denzler & Partners, consultant à Nyon. Ah bon? Et comment faut-il désormais les appeler ces recruteurs de haut vol? "L'expression conseil en ressources de management convient mieux."

Traditionnellement, le consultant utilise ses réseaux locaux de connaissances pour "chasser" les candidats et approcher les entreprises. il essaie de comprendre les besoins de son client, transmet les dossiers et, pour les plus professionnels d'entre eux, oriente l'entreprise sur les profils qui lui semblent le mieux correspondre au poste à repourvoir. Cependant, il y a aujourd'hui tout un pan de l'édifice qui menace de s'effondrer. "Beaucoup de mes concurrents croient encore que la valeur ajoutée de notre métier, c'est l'intermédiation. Mais c'est faux", certifie Eric Denzler, convaincu que pour identifier une personnalité, connaître sa formation, son parcours professionnel, ses compétences, l'entreprise n'a plus besoin des chasseurs de têtes, Internet et ses sites spécialisés font très bien l'affaire. "Et ces outils d'intermédiation sont de plus en plus puissants et précis."

 Selon le consultant nyonnais, la véritable valeur ajoutée de la profession' réside alors dans le conseil, l'accompagnement personnalisé du client par un spécialiste qui connaît de manière approfondie la fonction de dirigeant et la vie de l'entreprise. Un tiers capable d'aider son interlocuteur à définir le poste à repourvoir et de mesurer l'adéquation entre le candidat et sa société. "Et cet aspect-là du métier, c'est-à-dire l'aptitude du conseiller à donner une estimation sur la personnalité du candidat et son adéquation avec l'entreprise, est irremplaçable", confirme Danielle Maître, directrice de Creative Management, cabinet de sélection de cadres

Ce qui ne veut pas dire que tous les consultants devront laisser 'tomber l'intermédiation. Les plus astucieux ont élaboré leurs propres sites de recherche de personnel très qualifié, accessibles à leurs clients. Mais c'est un autre aspect du méfier. Corollaire, les spécialistes observent que les entreprises sont de plus en plus exigeantes. Elles demandent des managers de très haut niveau, disposant d'une vaste expérience, si possible internationale, et au bénéfice de connaissances pointues dans leur domaine. Un profil qui ne se trouve pas sous le sabot d'un cheval: le réservoir local est souvent trop exigu. Ainsi, les consultants ne peuvent-ils plus faire l'économie d'une technologie ultra performante, de systèmes informatiques leur permettant d'avoir accès rapidement à des dossiers déposés dans le monde entier. (…)